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remember it: a tribute








" I wanted to tell her
that it was not your fault
by refusing to get old
one dies before it's time "

Translated from: Renaud - Petite Conne




You silly ! What crossed your mind, going away like that ! Leaving nothing behind, not an address, not a message. Not even a little "sorry". They said that you left by your own initiative, that you decided to go. And we all believed them. All of us. For five long years. But we never understood. Of course, everything was leading to believe them, every spooky word at night, every act of despair. We who knew you so well, we just stayed there in the dark wondering why, doubting that we really understood you, watching our empty hands and brooding for all we did not do, for all we did not say. Why... Why... We knew though, that all of this was not like you, that this was not you. But what could we do, save accept, and stumble towards a future in which you wouldn't be. But now, we know. That you stayed true to your words, that you did not just simply yield to this choice you were refusing, that you did not give up. It is more like you, already. An accident, simply an accident. Just a little bit too much of your favourite sin. And I can hear you already asking seriously: can this be forgiven? It's not even worth asking. Of course, we already forgave you. We loved you.
You were of those who shake, but don't break. And yet... a few grains of white powder had you surrender. You lived in a world you didn't understand, like an anachronism, like a Petit Prince stranded on the wrong planet. And sometimes at night you would whisper that someday we would go back "home". I would just give a sad smile. You had a self-control other envied, never any clumsy gesture, never any useless word. You had this self-confidence that other admired, as if you carried within yourself some noble title. And people loved you, or hated you, but never forgot you. You stood for those values that all forgot long ago, respect, integrity, honor. You wanted to be an example for the world, to break chains, to change minds, to topple powers. But nobody was listening. You were of those we call angels, because they're so sensitive yet so strong. Despite all these dark pleasures in which you reveled, you still had this big chunk of innocence to you, as if you never grew up. You had a heart far too vast for you, and you tried to empty it with sighs, to fill it with smiles. You were one of those few who have known for a long time that one cannot escape, and yet who keep dreaming.
After your death, our little world went crumbling down. I stopped living for several years. You were my mentor, my balance, my future. I had no dreams left to believe in, no purpose, no goal, no future. For a long time, I thought I would not survive. But I did, because that's what you would have wanted. Our group dissolved, everyone drifting apart to carry on their lives without you. From those who stayed, few forgot you. Many regret times when you were here. We miss you. I write today for those ones who can't forget. So that everyone remembers you as a Petit Prince wearing punk cloths, lost on the side of the road. I write today for myself. So that I can carry on and live and laugh and cry ... without you. Soulmates never die.


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J'aurais voulu lui dire
que c'était pas ta faute
qu'à pas vouloir vieillir
on meurt avant les autres...

Renaud - petite conne



Petit con. On n'a pas idée de partir comme ça. Sans laisser d'adresse, sans laisser de message. Pas même un petit "pardon". Ils ont dit que tu étais parti de toi-même, que tu avais décidé. Et on a tous cru. Tous. Pendant cinq longues années. Mais on n'a jamais compris. Bien-sûr, tout portait à les croire, tous ces mots sombres le soir, tous ces gestes de désespoir. Nous qui te connaissions bien, sommes restés là dans le noir à se demander pourquoi, à douter de t'avoir compris vraiment, à contempler nos mains vides et à ressasser tout ce que l'on n'a pas fait, tout ce que l'on n'a pas dit. Pourquoi... Pourquoi... Nous savions bien pourtant, que cela ne te ressemblait pas, que ce n'était pas toi. Mais que pouvions nous faire, à part accepter, et trébucher vers ce futur ou tu ne seras pas. Maintenant, nous savons. Que tu n'as pas manqué à ta parole, que tu n'as pas simplement cédé à ce choix que tu refusais, que tu n'as pas abandonné. Ca te ressemble plus, déjà. Un accident, rien qu'un accident. Simplement un peu trop de ton vice préféré. Et je t'entends déjà demander sérieusement: Est-ce pardonnable? La question ne se pose pas. Nous t'avons déjà pardonné, bien-sûr. Nous t'aimions.
Tu étais de ceux qui tremblent mais ne cassent pas. Et pourtant... quelque grains de poudre blanche ont eu raison de toi. Tu vivais dans ce monde que tu ne comprenais pas, comme un anachronisme, comme un Petit Prince, échoué sur la mauvaise planète. Et parfois le soir, tu me murmurais qu'un jour nous rentrerions "chez nous". Et je souriais, un peu tristement. Tu avais cette maîtrise que les autres enviaient, pas un geste maladroit, pas un mot égaré. Tu avais cette assurance, que les autres admiraient, comme si tu portais en toi des insignes de noblesse. Et on t'aimais, ou on te détestait, mais jamais on ne t'oubliait. Tu prônais ces valeurs que tout le monde a oublié, le respect, l'intégrité, l'honneur. Tu aurais voulu être un exemple pour le monde, briser des chaînes, changer les esprits, retourner le pouvoir. Mais personne n'écoutait. Tu étais de ceux que nous appelons anges. Malgré les sombres plaisirs dans lesquels tu te vautrais, tu avais toujours cette grande part d'innocence, comme si tu n'avais jamais grandi. Tu avais ce coeur bien trop grand pour toi, que tu tentais de vider à coups de soupirs, de remplir à coups de sourires. Tu étais de ceux qui savent depuis longtemps qu'on ne peut pas y échapper, et qui pourtant continuent de rêver.
Apres ta mort, tout notre petit monde s'est écroulé. J'ai arrêté de vivre pendant plusieurs années. Tu étais mon mentor, mon équilibre et mon avenir. Je n'avais plus de rêves auxquels croire, plus de but, plus de futur. Longtemps j'ai cru que je ne survivrais pas. Mais j'ai survécu, parce que c'est ce que tu aurais voulu. Notre petit groupe s'est dissolu, chacun partant de son coté continuer sa vie sans toi. De ceux qui restent dans le voisinage, peu t'ont oublié. Beaucoup regrettent le temps ou tu étais là. Tu nous manques. J'écris aujourd'hui pour ceux-là. Pour que tout le monde se rappelle de toi comme d'un Petit Prince aux habits de punk, perdu sur le bord de la route. J'écris aujourd'hui pour moi-même. Pour pouvoir avancer et vivre et rire et pleurer ... sans toi. Soulmates never die.


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